Information Générations Mutualistes

Illettrisme : Grande cause 2013 !

Illettrisme : Grande cause 2013 !
Le label grande cause nationale pour l’année 2013 a été attribué par le Premier Ministre à la lutte contre l’illettrisme. C’est une étape très importante qui a été rendue possible grâce à la mobilisation des membres du collectif de 64 organisations nationales fédéré par l’Agence Nationale de Lutte Contre l’illettrisme dont Générations Mutualistes fait partie.

La campagne de communication grand public qui va être mise en place ainsi que la mobilisation des organisations nationales permettront tout au long de l’année 2013 de mieux faire connaître une réalité présente partout mais invisible. Par l’information et la sensibilisation, l'ANLCI et ses membres pourront changer les représentations encore tenaces et aider les personnes à sortir de la gêne, un premier pas indispensable pour oser réapprendre. Nous savons en effet que l’illettrisme doit s’afficher sans honte s’il veut être combattu.

 

Invisible, l’illettrisme reste caché par les personnes concernées qui en ont honte et qui mettent en place des stratégies pour ne pas le laisser paraître au quotidien, au travail ou auprès de leurs proches. L’illettrisme touche pourtant tous les domaines, tous les âges et tous les espaces de vie.

 

Ce phénomène est très largement méconnu, sous-estimé dans notre pays. Pour prévenir et faire reculer l’illettrisme, il est donc essentiel de faire connaître au plus grand nombre la réalité des personnes qui y sont confrontées et de créer une dynamique qui mobilise tous les décideurs et les acteurs vers un seul but : garantir à chacun une base solide en lecture, écriture et en calcul pour être plus autonome et épanoui dans sa vie de famille, citoyenne et dans son parcours professionnel.

 

Aujourd’hui en France, ce sont en effet 2 500 000 personnes, soit 7 % de la population âgée de 18 à 65 ans qui ne maîtrisent pas les compétences de base nécessaires en lecture, écriture et calcul pour être autonomes dans des situations simples de leur vie quotidienne, après avoir été scolarisées.

 

Au quotidien, les personnes en situation d’illettrisme se trouvent dans l’incapacité d’écrire un message, de lire le carnet scolaire de leur enfant, une notice de médicament, une consigne de travail ou de sécurité, elles éprouvent des difficultés à utiliser un distributeur automatique de billets, à lire un plan, à faire un calcul simple. Elles ont en commun de cacher leurs difficultés, de ne pas oser dire qu’elles ne savent pas lire ou écrire alors qu’elles ont été scolarisées.

Et pourtant, il est possible de réapprendre quel que soit son âge ou de consolider des acquis, même s’ils sont faibles, que l’on soit dans l’emploi ou à la recherche d’un emploi.

Il est aussi possible de prévenir l’illettrisme, d’agir en amont pour qu’il ne s’installe pas en familiarisant les tout-petits avec les mots, avec les livres, en accompagnant les parents pour suivre la scolarité de leurs enfants et en les soutenant dès les premières difficultés, en créant des conditions favorables à la réussite des premiers apprentissages, en évitant que les jeunes décrocheurs ne tombent dans l’illettrisme. 

 

 

De quoi parle-t-on ?

 

Pour un adulte qui a été scolarisé : il s’agit de réapprendre, de renouer avec les formations de base lire, écrire, compter. C’est la lutte contre l’illettrisme. Pour un adulte qui n’a jamais été scolarisé : il s’agit d’apprendre. C’est l’alphabétisation.Pour un nouvel arrivant en France : il s’agit d’un problème linguistique. C’est l’apprentissage du Français langue étrangère. 

 

 

2 500 000 personnes concernées

 

L’ANLCI a engagé avec l’INSEE et d’autres partenaires dès 2001 un travail de mesure du nombre de personnes adultes en situation d’illettrisme sur le territoire national (enquête Information et Vie Quotidienne). Grâce à cette enquête, depuis 2005, nous disposons de données fiables pour mieux connaître ceux qui sont concernés. Cette enquête a été rééditée en 2011-2012 avec les mêmes outils de mesure qu’en 2005. Les résultats révèlent que 7 % des personnes âgées de 18 à 65 ans qui ont été scolarisées en France sont en situation d’illettrisme en 2011 contre 9 % en 2004.La mobilisation contre l’illettrisme a connu un fort développement ces dernières années mais l’effort doit être poursuivi car c’est un enjeu fort dans la lutte contre le chômage, pour la compétitivité et l’inclusion sociale. 

 

 

Une meilleure maîtrise des compétences de base c’est un moteur pour l’inclusion et pour la croissance économique

 

L’illettrisme touche tous les domaines, tous les âges, tous les espaces de vie. L’enquête Information et Vie Quotidienne INSEE-ANLCI révèle que 6 % de l’ensemble de ceux qui sont dans l’emploi sont en situation d’illettrisme et toutes les branches professionnelles sont concernées. 10 % des demandeurs d’emploi sont en situation d’illettrisme.

 

Une meilleure maîtrise des compétences de base permet de prévenir l’exclusion, elle rend possible l’accès à la qualification et à l’évolution dans son emploi, elle permet de s’adapter à des évolutions professionnelles que l’on ne choisit pas. Elle facilite la recherche d’un travail et elle a aussi des effets concrets dans la sphère familiale car elle permet de suivre la scolarité de ses enfants.Les expérimentations qui ont été conduites en coopération avec les conseils régionaux et des centres de formation des apprentis pour une réelle prise en charge des difficultés en lecture et écriture permettent de réduire significativement le taux d’abandon des contrats d’apprentissage.La lutte contre l’illettrisme sécurise le parcours des jeunes en apprentissage, elle facilite l’accès audiplôme et permet aux jeunes, une fois insérés dans l’entreprise, de s’adapter plus facilement aux changements du travail. La lutte contre l’illettrisme est une condition pour la réussite d’autres  politiques comme celle de la promotion de l’apprentissage. C’est une des clés pour la compétitivité de notre pays.

 

Dans une société où l’écrit est omniprésent, la prévention et la lutte contre l’illettrisme constituent donc la première marche à franchir qui permet à chacun de développer son potentiel et à notre pays d’être plus compétitif.

 

En permettant à chacun de sortir de l’illettrisme on contribue aussi à la résolution d’autres problèmescomme par exemple le non recours aux soins, la prévention des accidents domestiques, des accidents du travail, les difficultés d’accès aux services publics…

 

Piece(s) Jointe(s): 
CPresse JM Ayrault Premier ministre - Label Grande Cause Nationale.pdf